Alors que s’annonce la
prochaine édition de Japan Expo (6, 7 et 8 juillet 2007), et que, de Spirou
à Shogun, ou à Dofus, les mangas sont
parfois signés par des auteurs franco-belges, la société e-frontier
lance officiellement en juin prochain, Manga Studio, un
logiciel d’assistance à la création de bandes dessinées.
L’éditeur
e-frontier annonce la couleur aux créateurs : son logiciel Manga
Studio ne fera pas les bandes dessinées à leur place. Néanmoins,
80% des auteurs japonais l’utilisent. Pourquoi ? Parce qu’il
représente un outil puissant qui permet d’optimiser toute une série de
tâches traditionnellement très prenantes. En un mot comme en cent, c’est
un outil qui fait gagner du temps
Thomas
Roussel d’e-frontier aide informatique dans la creation de bande dessinee
Depuis longtemps, les
logiciels comme Painter ou Photoshop
sont présents dans la panoplie des graphistes, mais celui-ci est différent.
Le logiciel Manga Studio coûte entre 49€ dans sa
version simplifiée (Debut) et 299€ dans sa version « pro »
(Ex).
Il s’installe sur n’importe
quel ordinateur PC ou Mac. Pratiquement, assorti à une palette graphique Cintiq,
il permet de crayonner sa page et, à l’aide de « calques » d’encrer
le dessin avec une facilité déroutante. Pas besoin d’attendre que l’encre
sèche puisque tout est électronique !
On peut retoucher le
trait à sa guise et un assistant aide même à remettre automatiquement les
traits droits. On peut importer des objets en 3D ou en 2D (par exemple une
photo pour un décor), poser des perspectives comme support aux lignes de
fuite d’un décor, poser quelque 1000 à 3000 trames différentes, ajouter
une mise en couleur, dimensionner les bulles à façon et taper un lettrage,
toujours modifiable, avec une des typos adaptées figurant en stock. Il en
résulte une page de BD que l’on peut exporter dans le format que désire l’imprimeur,
plus besoin de scanner le dessin.
Vos droits de reproduction
et vos droits d'auteur seront mieux defendus si vous devenez membre de la
Sofam www.sofam.be et vous toucherez chaque
année de l'argent grace à la repartition des droits de cables.
La SOFAM est une société de gestion de droit d’auteur spécialisée
dans le domaine des arts visuels. Elle fut fondée en 1979 afin de répondre
aux besoins spécifiques des auteurs des arts visuels et fut reconnue
comme telle par Arrêté Ministériel du 1er septembre 1995 (en application
de la nouvelle loi relative aux droits d’auteur du 30.06.1994).
La SOFAM s’adresse à tous les auteurs des arts visuels : les peintres,
les sculpteurs, les photographes, les photographes de presse, les
illustrateurs, les cartoonistes, les dessinateurs et dessinateurs de BD,
les infographistes et graphistes, les designers, les stylistes, les
créateurs de textile, les architectes, les réalisateurs, les caméramans,
les vidéastes, les graveurs, etc.
La SOFAM s’occupe
aussi bien de l’indépendant que du salarié, de l’auteur
professionnel que de l’amateur, de la personne physique que de la
personne morale (société).
SOFAM Rue
du Prince Royal 87 1050 Bruxelles Tel. 0032 - 2- 726.98.00 www.sofam.be
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La prise en
main est apparemment simple et l’investissement relativement rentable par
rapport au confort qu’apporte cette technique. Ce logiciel est compatible avec
les logiciels de référence standard comme Photoshop et
bien entendu avec ceux de la gamme e-frontier : Anime
Studio (logiciel d’animation) et Poser 7 (3D). En
outre, un site en français permet aux utilisateurs d’échanger trucs et
astuces.
Une palette
graphique, un ordi, et hop ! C’est parti !
Photo : D. Pasamonik
Une
avancée créative ?
Est-on face
à une révolution industrielle, un peu comme lorsque la presse typographique
fut mise à mort par l’impression offset, elle-même ensuite concurrencée par
l’impression numérique ? C’est bien possible. Le créateur de bandes
dessinées Denis Bajram, pourtant féru d’ordinateur,
ne cache pas ses craintes : « Cela va être comme
dans le dessin animé, ça va nous donner une génération de produits qui se
ressemblent. » Thomas Roussel,
spécialiste référent de ce logiciel chez E-Frontier
temporise : « Ce n’est jamais qu’un outil de
plus. Ceux qui aiment l’encrage traditionnel resteront à l’encrage
traditionnel. Par contre, les créateurs plus orientés vers le numérique, et
les éditeurs attendent de plus en plus des fichiers numérisés, trouveront là
un gros avantage. C’est un support créatif qui apporte surtout un gain de
productivité. » Est-ce que donc, techniquement, avec ce logiciel, les
auteurs de BD franco-belges pourraient produire plus qu’ils ne le faisaient
hier ?
Vraisemblablement,
oui. Un auteur de chez Bamboo dont le dessin est dans le plus pur style
« belge » utilise déjà ce logiciel. Mais là aussi, Thomas Roussel
pondère : « Cela permettra de travailler plus sur
un dessin dans le même temps imparti. » Sauf si, à la demande des
éditeurs et du public, des séries à succès de l’univers franco-belge se
mettaient à paraître au même rythme que les mangas.
Denis
Bajram, dubitatifPhoto : D. Pasamonik
Imaginez :
Un Spirou, un Tuniques bleues, un Largo
Winch tous les trois mois ! On voit tout de suite où est la
limite : entre 10€ et 14€ le volume, c’est le portefeuille qui ne
suivra pas et les libraires seraient vite engorgés.
Sauf dans le
secteur des mangas. A 6€ en moyenne, le manga occupe un terrain qui avait
été délaissé par la production franco-belge : les rayonnages des livres
de poche présents dans la plupart des points de vente de la grande
distribution. En outre, grâce à son prix modique et à ses œuvres adaptées
au jeune public, les mangas sont devenus le produit dominant auprès des 10-15
ans. Dans l’hypothèse où, à l’exemple de Dofus ou de Shogun,
les éditeurs francophones se mettaient à essayer de reprendre ce terrain perdu
avec des productions propres, ce logiciel serait adapté à cette nouvelle donne
commerciale. Certains des auteurs de Shogun et Dofus
l’utilisent déjà, preuve que la nouvelle génération s’adapte vite.
« Ouais, objecte Bajram qui reste dubitatif devant
cette tendance éditoriale qui consiste à copier le modèle japonais, tout
cela ne veut pas dire grand-chose : les séries de films télé
françaises, par exemple, n’ont jamais fait vraiment de l’ombre aux séries
et films américains. »
Manga Studio :
Une capture d’écran
(c) e-frontier.
Les
éditeurs donneront le tempo
« C’est
plus un choix d’éditeur que d’auteur », fait remarquer Thomas
Roussel. Sur ce point, il a parfaitement raison. Un certain nombre de
productions : Donjons chez Delcourt, Loge
noire chez Glénat s’appliquent à proposer à leurs lecteurs des séries,
conçues comme des « saisons » de télévision, qui assurent une
présence régulière dans les linéaires. Bajram s’en inquiète :
« Le monde se sépare en deux. Il y a les produits qui se
jettent et qui sont le plus souvent gratuits, comme le seront bientôt les
mangas, payés par la publicité, je suis prêt à ouvrir les paris. Et puis,
les produits hauts de gamme, de plus en plus chers… » A terme, c’est
la qualité qui risquerait d’en pâtir. « Ce qui est
inquiétant, nous dit Bajram, c’est l’impact de ce genre
de produit dans dix ans. Il y a des gosses de 15 ans qui vont utiliser ce
truc-là pour abattre des pages qui en jettent. Mais ce n’est pas ceux-là qui
deviendront des Tardi ou des Bilal. » C’est un pan supplémentaire
de notre culture qui fout le camp constate Bajram : « C’est
comme pour les typographes actuels. Pour la plupart, ce sont des incultes qui n’y
connaissent rien en typographie. Car ils n’ont pas connu le temps où les
casses d’imprimerie étaient en plomb, ils se sont formés avec des polices
numériques. »
Si l’on est
optimiste, on peut se dire que ces outils vont améliorer la qualité moyenne
des productions, dans l’hypothèse où le gain de temps est investi par l’auteur
dans la créativité. Mais elle mettra aussi plus rapidement sur le marché des
dessinateurs opérationnels, dans la mesure où les écoles de bande dessinée
suivront le mouvement en donnant l’accès à ces technologies. Elle déplace
aussi le centre de gravité de la création sur le terrain de l’originalité
des histoires et des univers, ce qui est peut-être un mieux. Mais si la
tendance est à l’adage en vogue « travailler plus pour
gagner plus », la loi de Gresham s’appliquera, et la mauvaise
monnaie chassera la bonne.
Warm like hell…get over it. Light on Persepolis:
prepare to read the first part of the essay on Marjane Satrapi. Her work
recently became a movie and has been awarded
at the Cannes Film Festival. Here you can
find Marjane's
brunch with cafebabel.
Enjoy, Nat.
Marjane Satrapi – new literary phenomenon in comics. See the bande
dessinee film clip
by Igor Prassel,
"I cannot praise enough Marjane Satrapi's moving account of growing up
as a spirited young girl in revolutionary and war-time Iran. Persepolis is
disarming and often humorous but ultimately it is shattering." Joe
Sacco, author of Palestine and Safe Area Gorazde
Over the last ten years the international comic strip scene has undergone a
real rebirth. In the wake of Art
Spiegelman and his masterpiece Maus, a comic strip story about the
life of his father, a Polish Jew who survived deportation to Auschwitz, a group
of authors from different parts of the world continues to present
autobiographical stories in comic strip form. With his comic strip reportage in
the books Palestine and Goradze, Joe Sacco, of Maltese origin,
has demonstrated that the comic can also be used as a journalistic medium and
the Canadian Julie Doucet has made us grieve with the stories of her comic
strip diary. The Swedes, Max Andersson and Lars Sjunesson, have mixed
surrealist fiction with true life in their travelogues through the Balkans, the
Croatian Helena Klakocar has given us a splendid account taken from a
travelogue with her family in the Adriatic Sea at the beginning of the war in
Yugoslavia and finally, a group French authors - Joelle Manix, Matt Konture,
Lewis Trondheim, Joann Sfar, David B and Marjane Satrapi – have understood
that the comic strip as a medium does not have to be limited only to fiction.
Marjane Satrapi chose the right moment to appear on the international scene of
new comics with Persepolis, her comic strip debut in autobiographical form,
which is also the first Iranian comic book (even if the first edition was
published in French by the French publishers of Paris L’Association).
There are many important artists in Iran in the fields of literature, cinema
and caricature, but comics do not exist there and so Marjane Satrapi,
influenced by the French Bande Dessinée has filled the semantic vacuum. At the
beginning of her career in drawing, Marjane, who studied Fine Arts in Tehran
and Art in Strasbourg, was influenced by the American graphic artist Milton
Glaser and wanted to become a famous graphic designer. Her first successes came
with children’s books. The decisive turning point in the life of Marjane
Satrapi came when she moved to Paris where she met a group of young French
artists - Joann Sfar, Émile Bravo, Christophe Blain, David B. and Emmanuel
Guibert – who published comics for a living. These young men invited her to
share their studio (workshop ‘des Vosges’) and in particular David B., who
with his Cronaca del Grande Male, an intense autobiographical account
of epilepsy experienced by his brother Jean-Christophe, opened Marjane’s eyes
and encouraged her to express her story in comic strip form.
Persepolis film clip extrait 02
During the process of writing and drawing the story Marjane relieved a great
frustration: “… Since I moved to France in 1994, I have always told my
friends stories about life in Iran. When they show news on Iran on television I
am always furious because what they show is not representative of my experience.
For almost twenty years I have had to explain why being Iranian is not a bad
thing…”, and then from the introduction to her book published in the United
States: "The Shah stayed on the throne until 1979, the year he fled Iran
to escape the revolution. Since then, this old and great civilization has been
mentioned mostly in connection with fundamentalism, fanaticism and terrorism.
As an Iranian who has lived more than half of my life in Iran, I
know this image to be far from the truth. This is why writing Persepolis seemed
of such major importance to me. I believe that an entire nation should not be
judged by the wrongdoings of a few extremists. I also didn't want those
Iranians who lost their lives in prisons defending freedom, who died in the war
against Iraq, who suffered under repressive regimes, or who were forced to flee
their families and homeland to be forgotten. One can forgive but one should
never forget."
The first volume of Persepolis, which came out in France in
2000 with a historical introduction by David B., became a great success
immediately. It tells the history of Iran as seen through the eyes of a
nine-year-old girl who lived in great expectation through the Islamic Cultural
Revolution of 1979. I had the good fortune of meeting Marjane in 2001 on the
stage of the theatre of Angoulême at the award ceremony (with Stripburger we
received the prize for the best self-produced comic and Marjane won the
Alph-Art “coup de cœur”, prize for the first work) and I knew immediately
that she was an intelligent warm person and, without becoming immodest, would
go a long way in the world of comics. The jury was particularly impressed by
the correctness of tone and the authenticity of the sentiments contained in the
Persepolis album.
The sobriety of the black and white drawing reflects childlike sensibilities
and brings out the imaginary that triumphs in the tragic fall of Iranian
society under the dictatorship. Going beyond the historical context, it
presents universal aspects. In the same year Persepolis I was awarded the
Golden Lion prize by the Comic Strip Centre of Brussels. The second volume
brought her the prize for the best scene sequences at the Angoulême
2002 festival. It is not only the awards that testify to the work of Marjane
Satrapi however. The third and fourth parts of Persepolis were published in a
series in the important French daily newspaper Libération and the
important American publishers, Pantheon Books, has published Persepolis
1 and 2 in English in hard cover format. Another source of satisfaction
for the author is meeting her public, not a typical public of avid comic
readers, but an indistinct public that prefers ‘serious’ reading material.
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and movie selection , no need to go for a walk if you want to see or download a
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