En pleine éclosion, le jeune cinéma roumain est
représenté cette année par le cinéaste Cristian Mungiu, qui filme la
descente aux enfers de deux étudiantes roumaines
trouvé le 27/5/2007 sur la-croix.compar Arnaud SCHWARTZ, à Cannes
Par Arnaud SCHWARTZ, à Cannestrouvé sur la-croix.com
le 27/05/2007
Après La Mort de Dante Lazarescu de Cristi Puiu en 2005, Comment j’ai
fêté la fin du monde de Catalin Mitulescu et 12 h 08 à l’est de Bucarest
de Corneliu Porumboiu en 2006, la Roumanie révèle un peu plus chaque année la
réjouissante vitalité d’une nouvelle génération de cinéastes. On ne sera
donc pas surpris de la retrouver en bonne place dans la sélection du 60e Festival
de Cannes.
Présenté en compétition officielle dans la foulée du dernier film de Wong Kar-wai
projeté en ouverture, 4 mois, 3 semaines et 2 jours a, d’emblée, confronté
les festivaliers à une œuvre résolument dure, âpre, très dérangeante mais
d’une stupéfiante intensité.
L’action du troisième long métrage de Cristian Mungiu, 39 ans, se situe en 1987,
deux ans avant l’effondrement du régime Ceausescu. Dans un décor très « rideau
de fer » d’immeubles grisâtres fondus dans un ciel sale et de couloirs interminables
et blafards, l’histoire évoque la descente aux enfers de deux étudiantes.
Otilia et Gabita partagent la même chambre dans un foyer universitaire. Gabita
est enceinte. Otilia a accepté de l’aider à se faire avorter. La loi roumaine
n’autorisant pas l’interruption de grossesse, les deux jeunes femmes ont clandestinement
pris contact avec un « spécialiste », réuni une importante somme d’argent
et réservé une chambre d’hôtel…
La réalité d'un régime dont la logique contamina...
D’un réalisme cru, le film
accompagne l’itinéraire de plus en plus sordide des deux amies, livrées au bon
vouloir d’un personnage abject, jouant de leur impuissance pour les humilier et
obtenir d’elles ce qu’il veut. Dictateur faussement protecteur, réellement
révoltant.
Le propos de Cristian Mungiu, dont la maîtrise formelle est saisissante, rend compte,
dans un contexte historique et social particulier, d’une situation qui eut cours,
source d’insondables souffrances et d’exploitation.
La responsabilité morale du geste, qui semblait évacuée au début du récit,
ressurgit de manière insoutenable. Mais derrière la question de l’avortement
et de son évocation brutale, le cinéaste interroge surtout, avec force, la réalité
d’un régime dont la logique contamina les êtres jusque dans leur capacité
à se rencontrer et eut pour effet d’élever le mensonge – thème important
du film – en vain réflexe. Cristian Mungiu rejoint l’élan d’autres jeunes
réalisateurs roumains, hantés par l’histoire récente de leur pays.
MovieShame.
There have always been lots of movies that show or exploit sex, but far fewer
that try to explore it seriously, as a rich, meaningful subject, whether
psychological or social...
A Christmas Carol Seymour Hicks plays
the title role of Scrooge in the first
sound version of the Dickens classic about ..